Le marché du chanvre bien-être en Europe va connaître un grand bouleversement. En effet, à partir de lundi 7 avril 2025, l’Italie va interdire la vente, la consommation et la possession de fleurs de CBD dans tout le pays. Le gouvernement a pris cette décision par décret, ce qui marque un net retour en arrière pour un pays qui, jusqu’à récemment, se montrait très ouvert aux produits à base de chanvre.
L’Italie considère désormais les fleurs de CBD comme des stupéfiants !
Concrètement, le ministère italien de la Santé a publié un décret qui classe les fleurs de chanvre contenant du CBD comme des drogues, même si elles proviennent de variétés autorisées et contiennent moins de 0,3 % de THC. Par conséquent, cette interdiction touche désormais toute activité liée aux fleurs de CBD : produire, vendre, consommer ou simplement en posséder.
En agissant ainsi, le gouvernement ne laisse que quelques jours aux professionnels pour s’adapter. De ce fait, des centaines de magasins spécialisés et d’entreprises doivent faire face à une situation d’urgence. Or, la filière italienne du chanvre, qui générait des centaines de millions d’euros et faisait vivre des milliers de personnes, se retrouve soudainement en grand danger.
Ce que l’Italie interdit dès lundi
Dès l’entrée en vigueur de cette nouvelle règle, seules les fleurs de CBD sont concernées. Voici donc ce que les autorités vont interdire :
- Produire des fleurs de CBD
Dorénavant, les agriculteurs et producteurs n’ont plus le droit de cultiver du chanvre pour récolter ses fleurs riches en CBD. Ainsi, cette interdiction touche directement toute la chaîne de production. - Vendre des fleurs de CBD
À partir de lundi, les boutiques, les sites e-commerce et les vendeurs sur les marchés ne peuvent plus proposer de fleurs de CBD, quelles que soient leur forme : fleurs brutes, infusions ou sachets pré-roulés. En conséquence, une grande partie de l’offre disparaît. - Posséder des fleurs de CBD
Toute personne qui détient des fleurs de CBD, même en petite quantité et pour un usage personnel, pourra désormais être accusée de posséder une drogue. Cela pourrait entraîner des sanctions judiciaires. - Transporter des fleurs de CBD
De plus, les entreprises ou particuliers n’ont plus le droit de transporter des fleurs de CBD à l’intérieur de l’Italie, que ce soit pour des livraisons nationales ou internationales. Autrement dit, toute circulation de ces produits devient illégale.
Important : Pour l’instant, les autres produits à base de CBD (comme les huiles, les cosmétiques, les e-liquides ou les compléments alimentaires) restent autorisés. Toutefois, leur avenir reste incertain, car la réglementation pourrait encore évoluer.
Une décision qui va à l’encontre du droit européen
Par ailleurs, cette décision soulève de nombreuses questions d’un point de vue juridique. En 2020, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) avait affirmé que le CBD n’est pas une drogue, tant qu’il est produit légalement dans un pays membre de l’UE et qu’il ne provoque aucun effet psychoactif. Cette décision ouvrait la voie à une harmonisation des règles à l’échelle européenne.
Ainsi, en prenant une décision unilatérale, l’Italie va à l’encontre de cette jurisprudence et s’expose à des poursuites, que ce soit sur le plan national ou européen.
La filière CBD italienne est en danger
Du côté économique, cette interdiction pourrait avoir des effets très lourds. En effet, la filière CBD en Italie est particulièrement dynamique. Elle emploie des milliers de personnes et repose sur des centaines d’entreprises. Avec cette interdiction, de nombreuses structures risquent de fermer leurs portes du jour au lendemain, et les investisseurs se retrouvent dans l’incertitude.
Parallèlement, les consommateurs expriment leur incompréhension. Les fleurs de CBD sont très populaires pour leurs effets relaxants, sans provoquer de défonce ni de dépendance. Pour beaucoup, elles représentaient une alternative légale et naturelle. Désormais, certains pourraient se tourner vers des marchés parallèles, moins sûrs et non contrôlés.
Et la France dans tout ça ?
En France, la vente de fleurs et résines de CBD reste autorisée, à condition que les produits contiennent moins de 0,3 % de THC et qu’ils ne fassent l’objet d’aucune promesse médicale. Contrairement à l’Italie, la France a assoupli sa réglementation depuis 2022.
Cependant, la décision italienne pourrait relancer le débat chez nous, notamment à l’approche des élections européennes. Car en réalité, le flou juridique autour du CBD reste un vrai problème dans toute l’Europe.
Les professionnels s’organisent pour réagir
Heureusement, les professionnels italiens ne comptent pas rester les bras croisés. Ils préparent déjà des actions juridiques pour contester le décret. Ils s’appuient notamment sur la jurisprudence européenne et sur le principe de libre circulation des biens.
En parallèle, certaines entreprises envisagent de relocaliser leurs activités dans des pays où la réglementation est plus claire et plus stable, comme l’Espagne, la Suisse ou la République tchèque.